Grande Hirondelle

Elle annonce le printemps... On dit que sa floraison coïncide avec l'arrivée des oiseaux migrateurs, et que ses fleurs fanent au moment de leur départ.


Par chance, la Chélidoine pousse naturellement au jardin du Croiseur. Elle se plaît généralement dans les friches et on la range souvent dans la catégorie des "envahissantes", comme tant d'autres plantes tinctoriales.

Le vert de ses feuilles et le jaune de ses fleurs sont incroyablement lumineux. Paradoxalement, les couleurs que j'ai produites avec elles, sous forme d'encre, ne sont pas très folichonnes. Mais cette plante m'a définitivement fasciné. À tel point que j'en ai fait une chanson! (Je m'armerai de courage pour vous la chanter, mais je suis un peu timide et la performance me fait peur... Je publierai quand même le texte et peut-être un extrait dans un prochain post).


La Grande Chélidoine m'a également inspiré de nombreuses photographies, et des dessins produits avec les encres. Les couleurs sont pâlichonnes, mais la magie s'opère avec quelques petits mélanges. Et puis, au risque de me répéter, les couleurs de la plante me font l'effet d'un rayon de soleil dans ce jardin. Je ne pense pas trop persister et continuer mes expériences de couleurs avec elle, mais juste profiter de sa lumineuse et apaisante présence.




De nombreuses croyances et légendes sont associées à cette plante. On l'appelle aussi la "Grande Éclaire" et elle était censée rendre la vue aux aveugles... "Lait de sorcière", "Herbe au diable", "herbe de Sain-Clair" : ses autres noms témoignent de la fascination qu'on lui a voué à travers les âges.


Côté médicinal, elle est surtout connue pour soigner des verrues, sur lesquelles on applique son suc, un latex de couleur orange que l'on peut prélever facilement en brisant une tige. Ce dernier, toxique, détruit la verrue au bout de plusieurs applications. Et sans vouloir m'épandre sur ma vie privée, j'ai découvert pour la première fois cette plante et ses vertus il y a quelques années dans le jardin d'un ami.



La Chélidoine m'a bel et bien permis de soigner ma peau. Je la retrouve aujourd'hui dans ce beau jardin, et c'est la première plante avec laquelle j'ai créé cette année, après une longue pause un peu forcée. C'est elle qui m'a remis dans le bain, donc merci Grande Hirondelle.


En attendant la chanson, voici quelques dessins et jeux d'encres réalisés avec ma nouvelle amie :


Photographies : Grégoire Fournier.